je_veu_ma_place

Je veux ma place au soleil , 247 pages, éditions Grand Océan, paru en septembre 2005. ISBN 2-911267-26-5

  A La Réunion, dans une société à plusieurs vitesses, les jeunes cherchent par tous les moyens à se faire une place au soleil.

¬†¬† Maximin, 20 ans, dont l’acc√®s au monde du travail s’ annonce plus qu’incertain, se raccroche √† ses r√™ves de flibustiers et se lance √† corps perdu √† la poursuite d’un tr√©sor qu’il imagine √† sa port√©e. Commence alors un voyage initiatique entre ravines et c√ītes sauvages qui le conduira vers des richesses inattendues.

¬†¬† Avec tendresse et po√©sie, l’ auteur du « Souffle des disparus » nous plonge ici dans les croyances r√©unionnaises toujours vivaces au XXIe si√®cle.

Un r√©cit qui nous rappelle que la r√©volte sociale peut na√ģtre dans les quartiers d√©favoris√©s malades de ch√īmage, d’illettrisme, de non-acc√®s √† la consommation, d’ ennui.

Un r√©cit qui pr√īne le retour √† la terre nourrici√®re, l’√©coute et le respect de la nature, l’ entraide, la transmission des savoirs ancestraux.

 

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Personnages principaux

Maximin

20 ans. Une enfance et une adolescence de mis√®re, un pr√©sent pr√©caire et un avenir en point d’interrogation, il est sorti du syst√®me scolaire, les mains vides, le coeur meurtri par les √©checs, l’√Ęme en r√©volte contre tout. Maximin d√©couvre avec angoisse que √† l’ext√©rieur de son quartier entour√© de lesquines, il y a la soci√©t√© de consommation qui l’attend. O√Ļ trouver de l’argent? Il refuse de tomber dans le cercle vicieux de la d√©linquance. Ce dont il r√™ve c’est d’y arriver par lui-m√™me et honn√™tement.

Partir √† la recherche d’un tr√©sor est une solution.

Comme toute quête, celle-ci va le conduire vers lui-même et vers une autre formulation de la notion de bonheur.

Au début, le personnage est révolté, fermé aux autres, uniquement préoccupé par sa quête. Il fait preuve de ténacité, de courage, de persévérance. Plongé dans ses obsessions, il frise même la démence par moments. A la fin, il est libéré car il a trouvé quel sens donner à sa vie.

C’est un personnage sympathique que l’on a envie d’aider comme un h√©ros de conte.

Le Maximin rebelle qui cherche sa voie pourrait repr√©senter certains jeunes d√©munis d’aujourd’hui. Il r√™ve aussi. Beaucoup de jeunes r√™vent √† un eldorado factice: jeux, vid√©os, vols,… Malheureusement, la plupart ont le temps d’√™tre cass√©s avant de trouver leur voie.

Léonie et Prosper

Deux vieux en « mal de paternit√© » que rencontre le h√©ros. Symboles d’espoir, de g√©n√©rosit√©, d’amour vrai, simple et d√©sesp√©r√© (d√©sint√©ress√©), ils trouvent eux aussi un tr√©sor en la personne de ce jeune homme qui leur tombe du ciel. Il devient un rem√®de √† la solitude, mais aussi celui √† qui ils vont pouvoir passer, transmettre un h√©ritage culturel. Il est leur descendant potentiel qui va apprendre √† leur contact √† cultiver la terre, p√™cher, d√©chiffrer le langage de la nature,…

Ils possèdent la sagesse des Anciens, savent pardonner et aimer. Ce sont eux qui, sans le savoir, vont aider Maximin dans sa recherche.

Thèmes РEvénements

_ L’√©cole dans un environnement familial, social et culturel d√©favoris√©. L’institution y est per√ßue comme pourvoyeuse de possibles ouvertures sur la vie, mais plut√īt inaccessible et ferm√©e. La langue est un obstacle avec ses corollaires que sont l’analphab√©tisme et l’illettrisme.

_ « R√©volution  » ou soul√®vements populaires: cons√©quences du ch√īmage, du d√©soeuvrement des jeunes, de d√©sirs non satisfaits d’une population attir√©e par la consommation.

_ Légendes et histoires autour de la recherche de trésors.

_ La r√©habilitation du travail manuel, de l’agriculture, de la p√™che boud√©s par les jeunes parce que pas assez valorisants.

Lieux

Bras la Boue et Bassin rouge sont des quartiers de Saint-Denis.

Le premier situ√© en bas de la ville, dans une position symbolique, comme √† un niveau inf√©rieur, entasse dans des bidonvilles des gens venus de toute l’√ģle et de l’ext√©rieur: « des sans travail, des sans famille, des sans orgueil ou des habitants de derri√®re le soleil dont la ville n’avait pas voulu ».

Dans le second, vit une jeunesse sans illusions et sans avenir, prête à descendre dans la rue pour faire valoir ses droits. Un quartier chaud.

Situ√© dans le sud de l’√ģle, Fant√īme Badamier est un endroit mythique: lieu de renaissance pour le h√©ros, d’accomplissement de soi, l√† o√Ļ la boucle est boucl√©e. C’est l√† que se termine la qu√™te.

Le parcours du h√©ros se fait autour de l’√ģle, comme un voyage autour de lui-m√™me, un voyage d’apprentissage. Le h√©ros finit par trouver la voie qui le r√©concilie avec lui-m√™me et avec les autres.

L’histoire

Difficile de se faire une place dans la soci√©t√© lorsqu’on n’a aucun dipl√īme et qu’on r√™ve d’un emploi propre. L’id√©e qui s’impose √† Maximin: chercher un tr√©sor.

A travers diverses rencontres et exp√©riences, le h√©ros fait l’apprentissage de la vie. Le lecteur va le suivre dans son p√©riple: c√ītes sauvages, ravines, quartiers en √©bullition o√Ļ √©clatent des soul√®vements populaires.

Avec en toile de fond des l√©gendes r√©unionnaises autour de tr√©sors cach√©s dans l’√ģle par les pirates, le roman met en sc√®ne quelques probl√©matiques actuelles de la soci√©t√©: l’√©cole, la langue, le devenir des jeunes, le ch√īmage… Mais il rappelle √©galement des valeurs simples qu’on a trop tendance √† oublier dans les tourbillons de notre soci√©t√© de consommation: le retour √† la terre nourrici√®re, l’√©coute et le respect de la nature, l’entraide…

Un roman pour se sentir mieux dans une soci√©t√© √† plusieurs vitesses o√Ļ il n’est pas toujours facile de se faire une place au soleil.

Intérêt du sujet

L’histoire propose une r√©flexion sur l’essentiel et le futile de l’existence.

Le h√©ros, c’est chacun d’entre nous. Nous cherchons tous « notre tr√©sor », celui qui va nous apporter mieux-√™tre et bonheur. Tout est tr√©sor pourvu qu’on le d√©cide: du travail pour un ch√īmeur, un enfant pour ses parents, un bol de riz pour un affam√©, de « l’or au bout des doigts » pour un artisan, de l’amour…

Le roman est un pr√©texte pour parler d’enrichissement personnel. D√®s lors que l’on se met en qu√™te de soi-m√™me, on d√©couvre forc√©ment les tr√©sors que l’on porte en soi, enfouis sous une √©paisse couche de fausses id√©es re√ßues, de peurs, d’√©checs…

Rechercher un tr√©sor au sens propre implique au figur√© la recherche et la sauvegarde de notre patrimoine culturel et de notre histoire. Des croyances h√©rit√©es du pass√© perdurent aujourd’hui encore avec force (gardien de tr√©sor, r√™ves r√©v√©lateurs…)

Pourquoi ce sujet?

Ce qui m’int√©resse dans la d√©marche du chercheur de tr√©sor, c’est qu’il donne corps √† ses fantasmes, √† ses r√™ves. De tout temps, l’homme a √©t√© attir√© par les tr√©sors. Il n’y a pas dans cette d√©marche que l’attrait du mat√©riel. Il y a √©galement, et cela d’autant plus que l’on jongle avec les l√©gendes comme √† La R√©union, un aspect « pouss√©e d’adr√©naline », car le chercheur flirte avec le mystique, l’exploit, l’infaisable. Le chercheur est un h√©ros de conte et tout est possible dans le conte.

Ensuite, le h√©ros est un jeune qui est sorti d√©muni du syst√®me scolaire. En tant qu’enseignante, je br√Ľlais d’√©crire sur l’√©cole, le handicap que peut rep√©senter la langue cr√©ole, les √©l√®ves, leurs ressentis et leur d√©sarroi quand ils sont en √©chec, les difficult√©s du m√©tier d’enseignant…

On parle aussi de r√©volte sociale qui gronde dans les quartiers d√©favoris√©s o√Ļ r√©gnent l’illettrisme, la promiscuit√©, la pr√©carit√© et la pratique de la d√©brouille. Tout ceci est √† mettre en relation avec les questions que se posent les plus d√©munis: comment s’en sortir quand on n’a rien ou pas grand-chose au d√©part? Quel emploi et pour qui?…

J’avais envie de faire vivre les croyances, l√©gendes, histoires dans un r√©cit afin qu’elles ne meurent pas avec ceux qui les racontent oralement.

J’aime le naturel des gens simples et je d√©sirais qu’ils soient les porteurs de mon roman.

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